
si je me lasse
même des ombres
dans les nerfs du matin
réveil aux dents serrées
pourtant je vis
si malgré tout l’envie
d’un cours d’eau nue
avant l’assèchement
me donne image
d’une sensuelle réminiscence
exactement je vis
pour quelques fleurs agencées
maladroitement
dans un vase inutile
j’acquiesce d’un sourire
à leurs joues colorés
subrepticement je vis
dans le désordre froid
que nous impose l’ordre ordurier
qui initie l’enfant
aux folles intolérances
idéalement je vis
ô douce
pénombre de ta peau
à peine dévoilée
laisse encore une fois
la dépose de mes yeux
éternellement je vis
Texte : Zakane
Illustration : Robin Layton