Tu vois, il nous faudrait tant d’eau, tant de cette eau primordiale, pour nous laver le corps et l’âme. De cette eau, encore pure, cachée au fond d’un dernier puits avant l’ultime souillure.

Tu vois,
il nous faudrait filtrer l’eau sale de nos erreurs, de nos manquements, des ordres que nous donnons avec violence et avec nos égoïsmes. Le temps est un espace à prendre pour réaliser cela.

Tu vois, il nous faudrait tant d’eau.

Tu vois, l’eau qu’il nous faudrait.

Tu vois, il reste encore de l’eau, vas-y, tu peux la boire !

Tu vois, hélas, le torrent est asséché.

Nos larmes suffiront-elle ? 

Texte : Zakane

Illustration : Jirsak