Corps Arrondi

Corps arrondi
de partout
os saillants des hanches
se taisent
ou parlent tout seul
poignée douce de chair
décolleté se cueille à la bouche
une récolte de printemps
des graines dans les rondeurs
de la mousse dans les creux
des frottements de feuilles
du moelleux dans le pollen

Amour c’est toi ?

*****

Connaître

Connaître chaque
nom
de fleurs de plantes d’arbres
d’oiseaux d’insectes d’herbe
de terre
pour la nature
savoir comment
elle vient

elle enfante
comment
elle respire
vit
ses cycles
ses rythmes
ses saisons
ses bourgeons
ses températures

Alors je pourrai l’évoquer
l’invoquer la célébrer
la sortir de ma terre
l’irradier de mon vécu

Utilisez ses appâts
comme un décor de carton-pâte
apparats faciles de sa beauté
juste pour faire beau
dans un poème qui en perdrait son nom
pour un trafic de romantisme et d’élégie

Au même titre que ces femmes factices
fêtées dans leurs courbes déhanchés
galbes corps nudité yeux
sans toucher de peau
comme poupées silicone
intérieur inconnu
comment elle vibre
comment sont ses parties génitales
le fond de son ventre
son épiderme
ses tétons
ses cycles le rythme de ses lunes

Femme nature
fleurs en plastique des hôpitaux
des salons décorations
des restaurants kitsch
plastique consommable
jetable et morte

Femme nature
biodégradable
si on les piétine
plus que de raison
maladie absence de floraison

Si j’étais paysagiste maraîchère
cultivatrices fleuristes
à l’ONF agricultrice bergère

J’ai essayé autodidacte
face à ce manque
quand je suis en immersion
quelques jours par an
mais pas assez de terrain
de jour le jour
d’expérience je me sens
rester à la surface

J’attends le moment
où la connaissance prend
la main du mystère
dans un joyeux silence
ensemble elles vont
vers l’émerveille

L’ éblouissement aura lieu
Alors naissent les poèmes

*****

Je sais qui tu es depuis que t’es petite

Les brûlures
moi je sais qui tu es depuis que t’es petite
tu te prends pour qui
paroles macabres
lances obstacles
arbre immense immobile
tombé en travers du chemin
un jour de grande tempête
la fratrie n’en est pas une
même né après moi ce frère
une bulle de douleur de combat
que j’ai vu impuissante ces coups ces insultes
empathique en silence
toute petite retranchée dans mon coin
sa rage d’enfance elle est pour moi
sa sœur de quinze mois de plus
il ne reste plus qu’à couper un pont
un pont de fortune
je me suis donnée pour joindre deux côtés
le mien et eux
sur la rive du jugement de la médisance
du tordu
de toute façon quoi que tu fasses tu auras toujours faux
au bout de tant d’années
au bout de temps de question
au bout de tant d’essais
moi la fille ingrate la fille aînée
moi la sœur profiteuse amadoueuse menteuse hypocrite
je n’ai plus qu’à couper ce pont de paille
ce pont d’incendie
ce pont impossible à construire

Sur l’auteur

Eprise très tôt d’écriture et de littérature, je poursuis un cursus littéraire avant de devenir libraire. Par la suite, je passe le concours pour le métier de professeur des écoles tout en poursuivant ma passion pour la poésie. En 2010, je rencontre le slam et me familiarise avec la scène. 

Je poursuis l’écriture poétique quotidiennement, une expression essentielle pour moi. Puis j’envoie des textes à des revues. 

Mes textes ont paru dans plusieurs anthologies et  des revues papiers et numériques ( Lichen, Capital des mots, Comme en poésie, Revue Cabaret HS  Traction Brabant, Les amis de Thalie, Etendard, Les impromptus, Traversées, Nouveaux délits, Météor , Verso , FPM , L’Intranquille).


Publications :


Numéros Hors-série 6 numérique Cabaret 40 jours 40 vies, Mars 2020


BanlieueVille, aux éditions La Lucarne des Écrivains, avec des peintures de MARJAN est prévu pour octobre 2020


Photo de classe, Quatuor Poétique, Les amis de Thalie, octobre 2020


Sportswear activities , Le Petit Rameur, prévu février 2021