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L’image a disparu, ne reste que le texte
Un mal viscéral dans le ventre l’oppresse
L’absence de photos, un blues qui le presse
Quand le retour aux mots créé de néo contextes

Virer du noir au rouge, comment dans cette langue
L’exprimer autrement dans quelques métaphores
Ou autre apparences qui le rendent plus fort
Quand les sens abusés de ses yeux sont exsangues

Victimes à tout jamais de l’ombre sans lumière
Il déploie le toucher, et l’ouïe et le goût
Contre la cécité pour être parmi nous
Avec des lettres à lui qu’il grave sur la pierre

Seulement les couleurs il ne saura jamais
Les transposer vraiment à moins que visionnaire
Il devine un langage si extraordinaire
Qui parlera aux siens dans un rêve parfait

Si fait d’abstraction que l’image elle-même
Bien qu’ayant disparue se lira sibylline
Dans un poème nu dépourvu des épines
De la rose et les roses existeront quand même

Texte : Jeanne Morisseau
Aquarelle : Jeanne Morisseau