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Pourtant des milliers de bourgeons fleurissent au printemps remplis de la sève de l’amitié, de l’amour, de la solidarité active, de la tendresse.

Combien faudra-t-il de chardons venimeux, de corps mutilés, d’enfants sacrifiés, pour satisfaire la gueule béante du capitalisme ravagé par l’avidité de son cynisme destructeur.

Jeff Beck, Blow by Blow, les notes coulent comme de l’acide sans frein, le liquide caustique réchauffe mes veines encrassées par une soirée bien commencée.

Ensuite tout se détraque.

« Il, l’autre » occupe tout l’espace, s’insinue dans la feuille de papier à cigarette qui me colle aux dents. Les langues s’embrouillent au lieu de se délecter des instants ravis au temps.

La culpabilité, qui semblait se tenir loin, fond sur Muriel, d’un coup, arrêtant tout. Les mots, les caresses, restent impuissantes. L’assassinat programmé de notre amour est-il en marche ? Quelle rage, quelle tristesse, quelle connerie qui me râpe le cerveau, me l’englue dans du caramel trop cuit. Je ne vais pas casser un bol jaune tous les matins pour retrouver, le soir, éparpillé dans la cuisine, l’éclat désespéré de mon cœur blessé !

Je ne vais pas rester fixé à l’écran silencieux de mon portable que quelques fusées animent d’un espoir insensé (c’est ainsi que je suis alerté de l’arrivée d’un sms) : « Pam » ! Ah ! Oh ! Quelle déflagration cocasse de perles de couleurs dans le noir profond de mon cauchemar. Je m’encombre le cerveau d’histoires tordues dans lesquelles je suis la victime expiatoire de mes obsessions sordides.

Cause We’ve Ended As Lovers, M.F.S. dit « Triste Soirée De Novembre. »

Dans ce poème j’ai pleuré, avec la guitare de Jeff Beck, la mort d’une ancienne petite amie.

Je n’ai pas peur de la mort ; je n’ai pas envie de ne plus vivre.

L’art est un tour de passe-passe génial. Prenez une boîte à chaussure Hermès, remplissez-la de crottes de bique Corse séchée, vous avez une bombe sexuelle. Soyons sérieux, j’observe le regard bleu glacé de Pinaud lorsqu’il s’allume devant un immense ours jaune avec une drôle de lampe sur le front en guise de casquette.

J’ai aimé ce reportage de la Cinq, le propos de cet homme manifestement pressé qui déambule au milieu d’œuvres contemporaines majeures.

L’air qui s’empare des lointains nous laisse vivants derrière lui écrit André Du Bouchet, Dans la chaleur vacante.

L’infidélité comme art de vivre, je n’y crois pas. L’infidélité comme tentative désespérée de se libérer d’une emprise me parait plus juste. L’amour vient à coup sûr compliquer tout ça.

Engeance, race, lignée, descendance, embarras.

Comme à chaque fois que je pars en voyage, l’écrit reste là, en attente, en souffrance.

Texte et Photo : Jean-Claude Bourdet